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Depuis 2010, Luke n’a pas sorti d’album. On attendait (plus ou moins) patiemment des nouvelles, un concert ou un retour. Puis – surprise! – le compte Facebook du groupe annonce la pause solo de Thomas Boulard. Passé la déception, on se dit que c’est peut-être une nouvelle aventure tout aussi intéressante musicalement. Puis les abonnés à la newsletter du groupe reçoivent la pochette de l’album à venir dans leur boîte mail. Les choses se précisent, l’impatience grandit…

Après quelques (interminables) mois d’attente, le chanteur sort enfin son album, Shoot, sous le pseudo de Thomas B. Va-t-il être à la hauteur de l’attente qu’il a suscitée ?

Le premier extrait qui filtre, Comme on respire, est un bonheur pour les oreilles. Il poursuit, approfondit, la direction qu’avait prise Luke sur le dernier album D’autre part. Un rock plus apaisé, des textes toujours aussi ciselés et une voix qui n’a pas changé.

Shoot est à l’image de ce premier extrait. Les textes, qui font toute la saveur de l’écriture de Thomas Boulard, sont impeccables. On sent le poète et l’amoureux de la langue française et en même temps l’engagement. A chaque morceau, c’est une histoire différente qui se dessine. Toujours urbaine, ancrée dans le XXIe siècle, mais inquiète de l’avenir. Ce souci du texte et de l’histoire me fait dire qu’il incarne la relève du rock français à texte, qu’on avait trop souvent mis de côté.

Côté mélodie, la voix de Thomas B est plus posée. Il n’hésite pas à chercher les aigus, jouer sur les nuances tout en douceur. Shoot est très épuré, fait la part belle au vocal. Les harmonies en fond sont agréables, font un bel accompagnement mais sans percée particulière.

Reste que Thomas B est bel et bien de retour, avec encore une fois un univers sans cesse réinventé, et c’est bien sa force. Certes, pas de grand chambardement, mais une ligne bien tracée : pas un morceau ne se ressemble et pas un album ne reprendra l’esprit du précédent. Vivement la suite, en solo ou en groupe.

Ce 18 novembre, Bertrand Cantat (ex Noir Désir) a fait un retour discret avec le bassiste Pascal Humbert pour leur projet Détroit. L’album, Horizons, joue sur un registre intimiste qui sied particulièrement à la voix de Cantat, tout en mettant le talent d’Humbert en valeur. Les deux artistes s’accordent très bien. Côté musical, j’ai toujours eu une affection particulière pour les chansons posées de Noir Désir (Twilight Zone, Septembre en Attendant…). Elles magnifient la voix de Cantat. Ce qui tombe bien puisque le duo a choisi d’interpréter des morceaux calmes. On y retrouve une voix qui m’avait manqué , avec de belles montées en intensité. Mais Horizons est aussi chargé d’angoisse. Bref, c’est l’album parfait à écouter en hiver, quand il fait froid et moche dehors. Bien structuré, il offre trois parties de trois morceaux avec chacune une dominante musicale.

La première partie d’Horizons n’est pas vraiment entraînante mais elle pose les bases. Elle annonce un album calme, avec une voix posée mais bien présente. Si vous attendiez l’énergie des collaborations avec Eiffel, Shaka Ponk ou les Têtes Raides, passez votre chemin jusqu’au neuvième morceau.  Pour les autres, c’est l’occasion de retrouver trois facettes de Cantat qu’il n’avait pas vraiment développé avec Noir Désir.

« Ma Muse » n’est pas vraiment exceptionnel du point de vue du texte. Les rimes sont un peu faciles. Le travail musical est en revanche remarquable. La voix de Bertrand Cantat s’accorde parfaitement à la mélodie. Humbert et lui ayant les mêmes références, rien d’étonnant à cela. La montée des guitares m’évoque des résurgences de Noir Désir.

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Clavier rétro, guitare 50s, diction à l’ancienne et cheveux en arrière. Ce n’est pas moins qu’un retour vers le rock des années ’50 que nous propose Mustang. Dans une ambiance « Diner » digne de l’âge d’or du rockabilly, ce groupe venu de Clermont-Ferrand joue un rock français délicieusement rétro et impertinent.

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Le rock français a vécu un grand passage à vide avec la séparation de Téléphone et la fin de Noir Désir. Depuis le milieu des années 2000, le rock à la française revient sur le devant de la scène. Parmi les nouveaux talents, Shaka Ponk,  un groupe d’électro-rock venu d’Evreux (Eure), représenté par Goz, un singe virtuel présent sur scène.

Les membres du groupe Shaka Ponk

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