Jimi Hendrix, une Mémoire d’outre-monde à réveiller les morts

Publié: 14 janvier 2014 dans Légendes, Livres, Personnages
Tags:, , , , , , , , , ,

« N’oubliez pas la musique. Nous, on ne l’oublie pas. » Sa musique, Jimi Hendrix en parle avec passion dans Mémoire d’outre-monde et il faudrait être sourd pour l’oublier. Dans cette « autobiographie posthume » faite d’extraits d’interviews, de lettres, de chansons ou encore de poèmes, le musicien évoque les thèmes qui l’inspirent, les motifs qui l’attirent…

Grâce au travail de Peter Neal et Alan Douglas, on découvre l’autre face de ce Guitar Hero : le musicien passionné, mais réfléchi, et le poète qui veut révolutionner la musique. Loin du drogué qui brûle ses guitares sur scène, c’est l’artiste rêveur qui se recompose sous nos yeux.

On suit la carrière d’Hendrix de ses débuts faits de galère et de misère jusqu’à sa mort, côté coulisse. Il y évoque tout. C’est la musique qui est au coeur de ce livre. Car la vie de Jimi Hendrix y était destinée toute entière. A de nombreuses reprises, l’artiste regrette de ne pas pouvoir travailler plus sur sa musique. On croise aussi d’autres grands noms du rock. Eric Clapton, dont Hendrix dit tout son respect, Bob Dylan, dont le talent de poète est jalousé.

Le coup de génie réside dans la composition du livre : on y retrouve le rythme des morceaux de Jimi Hendrix, son génie. Tout est fait pour qu’on entende sa voix tout autant qu’on le lit. Au détour d’une déclaration, l’aspect musical nous revient, à travers des paroles qui expriment particulièrement bien sa pensée. Il ne manque qu’une playlist pour accompagner cette lecture et l’expérience est parfaite.

A travers les yeux d’Hendrix, c’est aussi un autre portrait de l’Amérique qu’on découvre. Lui qui a connu le combat pour les droits civiques et le racisme, ne voit pas les choses en noir et blanc. Black Panthers, ségrégation, il passe à côté. Au mouvement hippie, il ne s’intéresse que de loin. Sa seule prise de position politique : la guerre du Vietnam, contre laquelle il milite.

C’est enfin la chute éternelle de l’icône qu’on suit. Dès lorsqu’il accède à la gloire, il ne peut plus fabriquer sa musique comme il l’entend. Plus il devient rock star, moins l’artiste se sent libre. Mémoire d’outre-monde est intelligemment composé : on sent la dépression prendre de plus en plus de place dans la vie du musicien. Les pensées noires prennent de plus en plus de places à mesure qu’on tourne les pages. Jimi Hendrix finit par évoquer ses dépressions, sa propre mort, avec une étrange clairvoyance. « Je ne crois pas que j’atteindrai les 28 ans » déclare-t-il. Il a alors 27 ans. Quelques pages plus loin, la seule photo de l’ouvrage nous annonce la mort de cette icône :

« Londres, 18 septembre 1970 : Jimi Hendrix, la rock star américaine qui a touché des millions de gens avec son jeu de guitare ardent et passionné, est décédé aujourd’hui de causes inconnues. Il avait 27 ans. »

Jimi Hendrix, Mémoire d’outre-monde. Editions JC Lattès. 22€90.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s