Détroit, le projet de Bertrand Cantat et Pascal Humbert : des Horizons nuageux

Publié: 30 novembre 2013 dans Musique
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Ce 18 novembre, Bertrand Cantat (ex Noir Désir) a fait un retour discret avec le bassiste Pascal Humbert pour leur projet Détroit. L’album, Horizons, joue sur un registre intimiste qui sied particulièrement à la voix de Cantat, tout en mettant le talent d’Humbert en valeur. Les deux artistes s’accordent très bien. Côté musical, j’ai toujours eu une affection particulière pour les chansons posées de Noir Désir (Twilight Zone, Septembre en Attendant…). Elles magnifient la voix de Cantat. Ce qui tombe bien puisque le duo a choisi d’interpréter des morceaux calmes. On y retrouve une voix qui m’avait manqué , avec de belles montées en intensité. Mais Horizons est aussi chargé d’angoisse. Bref, c’est l’album parfait à écouter en hiver, quand il fait froid et moche dehors. Bien structuré, il offre trois parties de trois morceaux avec chacune une dominante musicale.

La première partie d’Horizons n’est pas vraiment entraînante mais elle pose les bases. Elle annonce un album calme, avec une voix posée mais bien présente. Si vous attendiez l’énergie des collaborations avec Eiffel, Shaka Ponk ou les Têtes Raides, passez votre chemin jusqu’au neuvième morceau.  Pour les autres, c’est l’occasion de retrouver trois facettes de Cantat qu’il n’avait pas vraiment développé avec Noir Désir.

« Ma Muse » n’est pas vraiment exceptionnel du point de vue du texte. Les rimes sont un peu faciles. Le travail musical est en revanche remarquable. La voix de Bertrand Cantat s’accorde parfaitement à la mélodie. Humbert et lui ayant les mêmes références, rien d’étonnant à cela. La montée des guitares m’évoque des résurgences de Noir Désir.

« Glimmer In Your Eyes » reprend des mélodies habituelles, avec un chant en anglais – que Cantat affectionne. Je ne suis pas transportée par ce morceau, mais il reste agréable. La montée vocale vers la fin du morceau relève un peu le niveau. « Tête Brûlante » nous permet de retrouver un parlé-chanté du même style que « Lolita Nie En Bloc. » La chanson est plus engagée et la mélodie tend au baroque.

Pascal Humbert (g) et Bertrand Cantat (d) dans le clip de « Droit Dans Le Soleil » (c. Universal Music)

« Détroit – 1 » marque un interlude angoissant. Il annonce aussi la deuxième partie plus nostalgique. C’est là que Bertrand Cantat parle de lui, à mots couverts ou directement. « Ange De Désolation » nous raconte de manière détournée l’incarcération du chanteur en Lituanie. La mélodie est épurée, laisse toute la place au chant. Petite déception : j’ai déjà l’impression d’avoir entendu cette chanson. J’aurais attendu plus de créativité.

Dans les morceaux suivants, « Horizon » et « Droit Dans Le Soleil », Détroit fait preuve d’un peu plus d’inventivité. La première chanson est efficace, la voix de Bertrand Cantat glisse entre les différentes tonalités. Les instruments s’assemblent de façon très agréable. La montée à mi-chemin de la musique et du chant nous emportent dans cette plongée dans l’univers de la prison. « Droit Dans Le Soleil » nous fait vivre le retour sur la scène. Ce morceau, très intimiste, clôt cette partie et sublime la collaboration entre Cantat et Humbert. La mélodie, simple, est entraînante. Elle vient supporter le texte, qui nous raconte une histoire. C’est sans doute là que le duo est le meilleur : lorsqu’il nous fait suivre un personnage. Premier coup de cœur de l’album.

« Détroit – 2 » est le deuxième interlude. Il fait le lien entre une chanson mélancolique et une autre très dynamique. Dans cette troisième partie, Détroit nous ouvre une autre possibilité : celle de l’énergie. Avec « Le Creux De Ta Main », Humbert nous offre tout son savoir-faire instrumental. La chanson, plus vindicatif, m’entraîne vraiment. On y retrouve des traces de Noir Désir : l’harmonica, la guitare lourde et omniprésente.

« Sa Majesté » fait sourire. Encore une fois, le duo raconte une histoire et entraîne dans un autre monde. La musique envoie du groove, les paroles établissent un équilibre entre l’histoire, le jeu sur les mots et les sonorités. Côté voix, rien à redire : on oscille entre un ton grave et menaçant et une légèreté. Le Cantat que j’aime. « Null And Void » est beaucoup plus léger. Il m’évoque les morceaux américains venus des grands espaces et fait voyager. Il y a aussi plus de cœur dans ce morceau, en musique surtout, ce qui fait toute la différence à mes yeux. Ces deux extraits me plaisent énormément. Ils me font  espérer beaucoup du duos Humbert/Cantat.

« Avec le Temps » me déçoit bien plus. Bertrand Cantat est capable de bien meilleures reprises (celle de Brel, « Ces Gens-Là par exemple). Il reprend ici Léo Ferré, mais sur un ton différent. Le ton désespéré avec des instruments très – trop – présents rend un résultat étrange, presque discordant. Trop d’énergie pour un morceau sur lequel j’attendais justement plus de calme. 

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