J’ai assisté à l’avant-première privée de Pop Redemption pour les auditeurs de OuïFm. C’est un road movie mélangé à une comédie française de Martin Le Gall avec Julien Doré, Grégory Gadebois, Jonathan Cohen et Yacine Belhousse. Le film suit le parcours semé d’embûche d’un groupe de black-métal (les Dead MaKabés) qui va se produire sur la scène du Hellfest. Squelettes dans le coffre, hémoglobine artificielle, cercueil sur le toit et visages peints en blanc… tout est réuni pour une épopée à travers l’univers du métal.

LE FILM

Les Dead MaKabés, un groupe de black métal mené par Alex (Julien Doré), leader capricieux et égocentrique, s’embarquent pour un dernier concert… au Hellfest (le plus grand festival de métal d’Europe). Ce qui devait être un simple aller-retour avant la pause estivale se transforme en une véritable galère. Entre accidents de la route et festival de la Fraise, les quatre membres des Dead MaKabés vont se révéler.

Julien Doré (au premier plan) et Grégory Gadebois

De gauche à droite: Grégory Gadebois, Jonathan Cohen, Yacine Belhousse, Julien Doré reproduisent l’Abbey Road des Beatles

MON AVIS

Pop Redemption est de ces films qui redonnent foi en la comédie française. Le casting est impeccable.

Julien Doré est la vraie révélation de ce film hybride (road movie et comédie). On le découvre en « Alex », habité comme jamais, métamorphosé et métamorphe. Il s’avère être un très bon acteur, et bien soutenu par ses camarades de jeu. Les dialogues y sont pour beaucoup: incisifs, taillés sur mesure, ils permettent à chaque acteur de se détacher tout en assurant la cohésion du groupe. C’est sans doute le plus difficile dans un film choral.

Du côté des seconds rôles, rien à redire non plus. Alexandre Astier est parfait dans le rôle du capitaine des Sections de Recherches râleur, rigide et un peu réac. Audrey Fleurot est aussi très drôle en gendarme qui voit dans son enquête l’affaire de sa vie.

Ce qui m’a le plus impressionnée dans ce film, ce sont les costumes. En métalleux comme en hippie, les acteurs ne sont jamais dans l’excès. C’était pourtant tentant d’aller trop loin: du noir, un maquillage cadavérique et des tatouages. Ces éléments sont bien présents, mais dosés et adaptés à chaque acteur. Ce qui fait qu’on a le sentiment qu’ils sont venus comme ils étaient. En tant que hippies, les acteurs sont tout aussi convaincants, grâce à des costumes taillés sur mesure. Colorés, ils expriment quand même le caractère de chaque personnage.

Le schéma de l »histoire est classique: on commence avec une comédie, le road movie s’invite en cours de route, puis arrive l’élément qui va tout remettre en cause (je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir). S’en suit une remise en question des personnages et un dénouement. Mais il y a de bonnes surprises dans ce film. Je pense notamment à la métamorphose des métalleux en hippie qui est à pleurer de rire.

Côté mise en scène, rien à redire. La première scène du film reprend les codes du clip, le film est agréablement filmé… on a l’impression de se promener dans un film à mi-chemin entre le clip musical (en studio comme en festival) et le road movie.

Yacine Belhousse et Grégory Gadebois dans un concert « pop-black métal »

Les références aux grands classiques du rock et du métal sont omniprésentes. Pour le plus grand plaisir des amateurs comme des novices, qui ont le droit en moins de cinq minutes à une histoire du rock dans les règles. Musicalement et dans la mise en scène, on retrouve quelques moments historiques du rock. Il y a bien sûr le retour d’Abbey Road version Dead MaKabés… mais aussi leur maquillage qui n’aurait pas fait mieux sur les membres de Kiss. Les plans du Hellfest sont à couper le souffle. Et la « star » du film, Dozzy Cooper, est le fils qu’auraient pu avoir Ozzy Osbourne et Alice Cooper. Et pour la « pop », nous avons droit à de magnifiques citations des Beatles.

La Bande Originale est à tomber par terre. Entre classiques de la pop music et morceaux originaux de black métal (tous interprétés par les acteurs), nos oreilles peuvent être ravies… voire donner envie aux novices de se mettre à écouter du black métal. A noter: Julien Doré maîtrise étonnamment bien la technique de chant et les attitudes.

En bref, ce film m’a convaincue malgré un petit passage à vide au milieu. On s’attache à des personnages caricaturaux qui finissent par révéler beaucoup plus de finesse.

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commentaires
  1. Charlie dit :

    Superbe analyse et critique, je n’aurai pas fait mieux! Enfin si, un petit mélange de café et de ketchup….=)

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